Dans ce silence assourdissant,
Tu m’as prise pour une fleur.
Et moi, l’espace d’un instant
J’ai souri de bonheur.
Tu ne savais pas, toi,
La laideur de notre monde,
Les décisions du roi
Et les bassesses immondes.
Alors tu t’es posé là,
Tranquillement en passant.
Papillon s’est posé sur moi
Et je suis repartie en souriant.

Plus tard, fatiguée de mes pensées,
Sans plus de questions,
Tu as baigné mes pieds
Et adouci mes tensions.
Tu ne savais pas, toi non plus,
Les crises sanitaires et climatiques.
Comment aurais-tu su
Les crises humanitaires et politiques ?
Tu as simplement rafraîchi
Mon esprit et mon corps.
Rivière a allégé mes pieds
Et j’ai marché encore.

Au creux de cette majestueuse sente,
Doucement, je vous ai caressés,
J’ai senti votre force troublante.
Votre sagesse m’a rassurée.
Vous ne saviez pas l’horreur
Dont l’humain se rend coupable
En s’appropriant les splendeurs
Et en abattant vos semblables.
Alors, vous m’avez réconfortée
De vos grands bras de bois.
Les arbres m’ont consolée
Et m’ont murmuré «sois».

Vous, vous parsemiez le chemin
De votre doux Amour.
Je vous prenais dans mes mains,
Dans mon âme, sans détour.
Vous ne connaissiez pas la froideur,
L’isolement et la désolation
De notre monde dirigé par la peur,
L’argent et la domination.
Alors vous m’avez offert
Ce qu’il y a de plus noble.
Les cœurs ont essaimé sur Terre
Leur Amour dans mon âme frivole.

Partout, toi, tu étais là
Papillon, caillou, arbre et rivière,
Te confondant en moi
J’étais à toi toute entière.
Tu ignorais nos états d’urgence
Notre précieux PIB et la consommation.
Tu ne savais même pas ce qu’était la France
Et n’avais jamais entendu parler de vaccination.
Pourtant tu m’as soignée,
Pansé mes peurs et mes rages criantes.
La nature a apaisé mes pensées
Et je suis repartie vivante.

AdeLune

Photo : pierbox by Pixabay