Tu es né un caillou à la main, encombrant et lourd, ton destin dans le pétrin,
Plein de gadgets qui t’entourent,
qu’il est urgent de dégager un par un,
Lève la tête, écoute, t’es pas sourd,
Regarde plutôt ta planète,
Sa beauté écarlate t’enveloppe tous les jours,
Et te conte sans détour ses plus belles saynètes.

Lève-toi et vers la sobriété cours, notre avenir se meurt,
Mais tu peux y croire toujours,
Te laisse pas abattre,
L’espoir est celui qui fait battre ton cœur.

Vas-y avec tes tripes,
Prends pas en grippe ceux qui t’égarent,
Ils reviendront en nombre quand ils te verront au port,
Garde ton énergie pour respirer la vie,
Plutôt que de trimer du matin au soir,
Lève le pied sur les vains efforts,
Et pose sur le monde un nouveau regard.

Secoue bien fort ces chimères de velours,
Les mirages qui te gavent et t’écœurent,
Finiront par tomber en désamour,
Pense à semer les choses simples, fais les s’accroître,
Car en vrai ce sont celles qui ont le plus de saveur.

Tu es lié au monde qui t’entoure,
On te parle de chaîne animale dont tu es le maillon,
Mais c’est encore plus beau quand tu en ôtes les haillons,
Pour en revêtir de ta joie et de ta bonne humeur
L’idée que tu caresses, qui file sous tes doigts comme de la soie,
De la sobriété heureuse, aussi puissante que légère quand tu te défais de tout le poids.

Jette cette encre, baisse ces voiles qui te gourent,
Nul besoin de se faire la malle,
Prends ton temps moussaillon, assieds-toi un instant et vis, simplement,
Tu vois cette vague à l’âme dans laquelle tu sembles te débattre ?
Tu aurais tort de la combattre,
Ce n’est pas toi qu’elle cherche à noyer, c’est toute cette folie qu’elle voudrait nettoyer.

Reviens sur terre,
Cela fait trop longtemps que ta boussole est cantonnée, qu’elle ne te montre plus que ton nombril et celui de tes pairs,
Reviens à l’incomparable goût des choses premières,
Je te dis un secret ? La recette du bonheur se trouve là où tu es né, c’est là que visiblement tu l’aurais abandonné,

Renaîs au monde, abandonne tes émotions furibondes,
Et goûte un instant à la sobriété vagabonde, elle saura te conduire là où tu n’aurais jamais su imaginer.

Lila

Texte écrit dans le cadre du jeu Ma Petite Planète

Illustation : Lila