Du sang gâché de la Terre
Il voyait le sens caché
De ses profondes colères
Il avait la raison des oiseaux
Et elle avait l’essence dans ses mots  

Et pour viser l’unisson
Ils ont relié les sons
Des musiques de leurs raisons
Et infusés douce folie
Pressés par l’urgence de la vie  

Elle posait les questions
Aux guerriers des puissances du son
Il  répondait passion
Et puis elle lui avait murmuré action  

Elle était de celle qui usait ses ailes
Il était de ceux qui écoutaient les libertaires
Pour protéger l’ivresse des tristesses
Il lui a soufflé un soir qu’était belle et bien tarée  

Il avait le beau du personnel
Et la tristesse de l’individuel
Elle avait l’urgence universelle
Et la puissance pour voler sans ailes
Elle avait plus de hauteur que ses peurs
Il avait dans son cœur,
La rancœur des frères et sœurs  

Lui il avait lu le manuel
Du décodage universel
Des oiseaux sans ailes
Et il avait sans même être ivre
Inventé un hymne cassant les récifs
Des prisons des humains captifs  

Rodéo chantait et Pepette écrivait
Ils avaient la force de tout dégommer
Et la colère aiguisée devant cette société atterrée.
Elle savait manier la fiction
Et ne renoncer à aucune action
Il savait manier les instruments
Et ne renoncer à aucune vibration  

Détendu par leur passion
Ils avaient créé des chansons
Mais l’histoire est faite d’oraison
Et une nuit rattrapé par leur destin
Rodéo et Pépette sont partis au loin
Et ils ont laissé de leurs envies
Une union musicale bien en vie

Juliette, collectif les Folles Alliées

Illustration : Niek Verlaan from Pixabay