Du cadre !
Il vous faut du cadre, madame. Vous sortez du cadre !

Cadre ! Et pourquoi ce cadre ?
Il me contraint, me frustre. M’est insupportable !

Laissez-moi courir,
Laissez-moi créer.
Laissez-moi donc rire,
Et pourquoi pas crier ?

Donner mon avis,
Quitte à faire du bruit,
Je veux être vue,
Dois être entendue !

Je vomis la discrétion,
Je refuse qu’on me l’impose.
Je veux hurler mes passions,
Gueuler mon apothéose

Ne vois-tu pas toute la place
Que tu occupes dans cette farce ?
Apaise je t’en prie ces ardeurs
Qui font de toi un bulldozer

Quoi, me faire oublier ?
Que… ? je dois m’effacer ?
Mais voyez-vous j’existe !
L’enfant en moi résiste !

Comprenez, j’ai de bonnes idées,
Des galéjades à partager
Certes, tendance à déborder
Je ne suis qu’avide d’exister

Je vous en prie, ne me faites pas
Rentrer dans cette boîte à nouveau
Ce cadre bienveillant n’est qu’appât
Pour faire de moi votre robot

Vas-tu sortir de tes schémas ?
Allez petite gym du matin
Oublie ce que tu crois déjà
Laisse toi guider, nouveau chemin.

Le cadre que tu as mal vécu
N’est en rien ce qu’on te propose
Règles de l’enfance ne sont plus
Sois une adulte si tu l’oses.

Accepte que parfois ces lignes
Que tu crèves d’envie de franchir
A l’immobilisme ne t’assignent
Et à l’action peuvent aboutir

Ainsi va donc à leur encontre
Et vois qu’il s’agit d’une rencontre
Observe les bienfaits sur ton corps
Ne les compare plus à la mort

Quelle joie de savoir se centrer !
Et savoir laisser s’exprimer
Autres que soi qui te partagent
Histoires, opinions de tous âges

Valeurs et créativité
S’enrichissent lorsque partagées
Et ont ainsi besoin d’espace
C’est le sens de « reste à ta place »

Il te fut trop mal formulé
Et tu l’a pris tout en violence
Je plains la môme que tu étais
Mais l’heure est à la résilience

Le cadre ne t’a-t-il pas parfois
Permis lorsque tu l’acceptais
D’interroger au fond de toi
Une certaine créativité ?

Cette énergie qui te déborde,
Quoi donc pour mieux la diriger
Que d’en maîtriser le désordre,
Lui donner cadre pour avancer ?

Ce cadre ne t’est plus imposé
Tu peux donc rentrer en contact
Avec ton contexte, allégée
Sans chaînes et libre de tes actes.

Pardonne moi je t’ai tutoyée
Vois-tu il faut tout d’même savoir
Que le cadre peut être un allié,
Mais pas toujours obligatoire.

Tu es équipée à présent,
Riche de toutes ces situations
Traversées au doux fil du temps
Pour voir quand le cadre a raison.

Qu’il t’aide à trouver le bon sens,
Tant qu’il ne prend pas pour esclave
Tes idées et ton innocence,
C’est impossible, tu es trop brave.

Ton premier cadre est corporel
Enveloppe du corps, enveloppe charnelle,
Et ce n’est qu’en la respectant
Et en l’aimant profondément

Que tu pourras en profiter,
Fidèle monture pour ton cocher,
Avec l’esprit à ses côtés,
Qu’il faut tout autant affûter.

Mais tu n’es jamais prisonnière
L’habitation est saisonnière
A tout moment tu deviens chef
De ton destin, de tes reliefs

Le cadre peut n’être qu’apparat,
Une scène qui accueille l’opéra
La restriction d’une caméra
Autour d’une toile, un bout de bois

A toi d’en saisir l’intérêt
Et parfois de t’en affranchir
S’il est un cadre à éviter :
La vision victime de martyre

N’oublie pas que cadre n’est pas case
Ni cage ni boîte ni alibi
Et ce feu en toi qui s’embrase
N’est qu’un mauvais tour de l’esprit

Merci de m’avoir écouté
Un cadre que tu as respecté
Alors était-ce si délicat
D’entendre parler autre que toi ?

Pomme, collectif les Folles Alliées

Illustration : Alain Frechette from Pexels