
Si tu savais ma peine
Si tu savais ma haine
Des impuissances de ces sociétés
À leurs questions autocensurées
Si tu ressentais ma rage
Si tu connaissais mes pas sages
Si tu savais ces pages
Tu m’aurais suivi sur les pentes du courage
Mais maitresse
Le monde est pourri
Et moi je n’ai pas envie
Moi je veux de la vie
Je veux le sourire de mes amies
Si tu connaissais ma sagesse
Si tu m’avais confié ta détresse
En entier et sans stress
Et puis dans un bon contexte
Et si possible en texte
J’aurai eu les moyens
De faire plier leurs liens
Et donner un coup de pouce à ton destin
Mais maitresse
L’indicible je ne peux pas le dire
J’ai vraiment vécu le pire
Et je vois même pourquoi t’as un sourire
Eh gamine, si j’avais vaincu
Ma peur de l’inconnu
J’aurais peut-être pu
Te dire que ta vie est un dû
Et que d’un enfant je ne dirais jamais « foutu »
Mais maitresse
J’ai peur
J’ai de la rancœur
J’ai des vibrations de douleurs
Y’a personne qui comprend mon cœur
Si tu savais comment j’enrage
Si tu entendais ce langage
Si tu voyais dans chacun de mes sourires
Une vengeance face à l’empire du pire
Si tu savais ma haine
Si tu savais ma rage
Des impuissances de ces sociétés autocensurées
Eh gamine,
Je te promets de m’améliorer
Je te promets de tout donner
Ça ne changera pas ce qui s’est passé
Mais ça te donnera le courage d’avancer
Mais maitresse
Aujourd’hui je ne te vois plus
Ils m’ont dit de rester chez moi
Mais chez moi, y’a pas de loi
C’est pour ça, tu vois que je te disais tout ça
Si tu savais ma haine
Si tu savais ma rage
Si tu savais à quel point je me bats
Et que c’est pour toi et tes copains que je suis là
En train de regarder comment vous sortir de là
Si tu savais ma haine
Si tu savais ma rage
Si tu savais que pour moi, à jamais
C’est vous mes rois
C’est toi ma reine
Et y’a ton avenir qui coule dans tes veines
Et aucune de mes défaites ne restera vaine
Mais maitresse...
Oui je sais gamine ! T’es en détresse
Je sais que ton corps est en laisse
Et, que ton âme refuse leurs liesses
Je suis maitresse,
Je suis sagesse
Je suis combat
J’ai le cœur des outrages
J’ai le courage de leurs rages
Je reconstruis les chemins pourris
Je me bats pour leurs futurs combats
Et pour le trépas de tes langues de bois
Je suis et je resterai de leurs combats
Car leur avenir ne devrait pas faire débat
Capucine
Illustration : Lucas
