Du haut de ses quinze ans
Petite-fille pleure son âme d’enfant.
Chaque matin elle espère
Qu’une main moins austère
Se tende vers elle, dans l’obscurité.
Mais chaque soir elle rentre plus désemparée.
Elle attend tristement la nuit.
Elle a peur, peur de sa vie.
Pourtant elle sait qu’il a tord.
Mais qu’oserait-elle dire ? Il est si fort.
Comment accuser cette puissance ?
Elle se sent enfermée dans cette infernale danse.
Chaque matin, elle espère
Que vienne cette main moins austère,
Que ses sanglots cessent,
Que sa joie enfin renaisse.
Sa mère n’a rien vu
De ce bonheur qui s’est tu.
Mais chaque jour elle espère
Avoir le courage de dénoncer son père.

AdeLune, collectif les Folles Alliées

Illustration : PublicDomainPictures from Pixabay