Devant la banalité de mal,
Nous, amis d’Hannah et compère de Kafka,
Nous sommes réunis pour se sourire à la vie
Contre cette souffrance qui prend l’ampleur de l’anormal de nos peurs.

Lui, il a ouvert nos fenêtres
Pour ce froissement dans l’air
Ses cris de souffrance lui donnent de l’air et le large.
Et nous, nous faisons naufrage ici, dans la culpabilité et la colère
Devant ces violence que rien ne soulage,
Devant l’impuissance de nos réactions trop sages
Et ces pansements au système qui enrage.

Nos sourires s’effacent et ces question posées
Dites-moi, lui, il jubile ou il pleure ? Il suffoque ou il souffle ?
Car il étouffait ici, et se battait bien mal
Devant nous qui aimons les batailles
Atteignant de ses coups les limites d’un tout.
Les bleus de son âme, dîtes personne ne les constate ?

Contre quoi se battait-il ?
Moi je ne sais pas.
Je me suis battue pour lui,
Comme d’autres avant moi,
Comme pour d’autres après lui.

Contre quoi se battait-il ?
Contre nos normes et nos dogmes ?
Contre notre ignorance ?
Contre l’errance de ses espérances ?
Ou juste pour y croire à sa chance ?
Je n’aurai pas de réponse.
Mais j’ai appris dans l’air
L’humilité du métier… et nos salaires y sont dédiés.
Je suis fière aujourd’hui d’avoir senti mon cœur battre de colère, incontrolable devant la banalité de l’inhumanité.
Je suis fière d’avoir stressée devant l’injustice d’un système et de m’ajuster pour y repenser.
Et me relever, en apprenant de cette leçon qu’on n’avait pas volée.
Alors, petit professeur, je te souhaite le bonheur.
Et tu copieras au moins un milliard de fois « seuls les avions en papier passent par les fenêtres dans nos classes ! »

Chamine

Illustration :