Y’a des milliards de dollars
Dans ton monde, pas dans le mien
Y’a des millions de charognards
Au-dessus de ta tête
Y’a des millions d’étoiles
La liberté et la fête dans ma tête  

Hiérarchie soumise de tes joyaux impunis
T’as pas eu peur de vivre
En leur enlevant leurs vivres
Toi t’as tout donné au monde fini  

Hier à acheter les punis
Moi je donne tout à l’infini
J’ai le cœur fragile
De ceux qui se savent indocile  

T’as leur pognon 
T’as la domination
J’ai vu la lueur
Je n’ai même pas peur  

T’as les ordres et ton impression de liberté
J’ai leur désordre, et le sens de mes idées  

Et tout ce qui suit
Cheminée étroite qui réchauffe démunis
Frigo improbable de navets endiablés
Et le sens de leurs combats
Ne sont que des constructions d’ici bas  

Et puis y’a toi, toi qui ne vois que du feu
A cette armada d’ivres navires
Bien sûr qu’ils veulent vivre
Bien sûr qu’il veut ivre, la suite du livre  

Comptant pour rien aujourd’hui
Ton époque déjà hier
Futurs danseurs endiablés vers demain
Danse les heures des denses heures
Quand on y pense, ça pense  

Avec l’instant et maintenant nous soufflerons juste
Car ton argent ne nous suffira plus
Les combats d’antan ne résonneront guère
Les guerriers d’hier sont poètes en cette guerre  

À ton billet multicolore
Je lève ces vers
Digne européen, toi le nanti
Toi qui as vu le monde sans voir les gens  

Toi qui as trafiqué les couleurs pour leur faire voir argent
Toi qui les as manipulés pour les domestiquer
Toi qui les as érigés pour limiter les questions
Toi qui les as dressés à calculer leurs gains  

Toi demain. Moi après
Moi et tes biens pour rassembler les miens
Car nous ne sommes qu’un
Diviser par le cher
Et le luxe libérable d’un dollar perdu au combat des idées
Car le temps est argent dans ce pays qui pour l’instant t’appartient

Mais ce temps, c’est le mien

Chechou, collectif les Folles Alliées

Illustration : Lucas