J’ai trempé ma plume à l’ombre de tes yeux
Pour embellir ce monde facétieux
De la couleur de tes iris
Quand doucement tes paupières se plissent.
Je l’ai peint des reflets de ta joie
Et de la force de tes combats.

J’ai trempé ma plume à l’ombre de ton oreille
Pour écouter ce monde empli de ses merveilles,
M’émouvoir du langage des oiseaux
Et me faire le relais de leurs maux.
Je lui ai conté tes exploits
Et la force de tes combats.

J’ai trempé ma plume à l’ombre de tes lèvres
Pour offrir à ce monde en fièvre
La puissance de tes mots
Et leurs remèdes ancestraux.
Je l’ai soigné au son de ta voix
Et à la force de tes combats.

J’ai trempé ma plume à l’ombre de ta voix
Pour bercer ce monde sans foi
De tes chants et de ton énergie,
Et les conduire vers l’infini.
Je lui ai murmuré la puissance de tes choix
Et la force de tes combats.

J’ai trempé ma plume à l’ombre de ton cœur
Pour réveiller ce monde plongé dans la torpeur,
Pour partager tes batailles et tes luttes
Et crier ta douleur dans sa chute.
J’ai hurlé ton message d’effroi
Et la force de tes combats.

J’ai trempé ma plume à l’ombre de ton ventre
Pour y trouver le monde en son centre,
Pour chercher l’équilibre du vivant
Et la puissance de l’amant.
J’ai porté fièrement en moi
La force de tes combats.

J’ai trempé ma plume à l’ombre de ton Amour
Pour l’offrir au monde sans détour,
Pour le déposer comme une offrande sacrée
Devant la Terre et sa beauté.
Je lui ai proposé l’émoi
Et la force de tes combats.

J’ai plongé ma plume dans la force de tes combats
Pour sauver avec toi ce monde du trépas,
Pour transmettre ton indignation
Et exhorter à l’action.
Je lui ai soufflé un baiser sous la pluie
Pour lui redonner doucement le goût de la vie.

AdeLune, collectif les Folles Alliées

Illustration : Sponchia from Pixabay