Le monde d’après… j’en ai rêvé…
Et je n’étais pas seule, vous y avez contribué.
On ne voulait pas retourner à ce quotidien insensé.
On voulait tout changer et ne surtout pas recommencer.
On s’est dit prêt, on avait des milliers d’idées pour avancer.
On a sollicité de nouveaux imaginaires,
On allait créer ensemble une nouvelle réalité,
On était tous révolutionnaires et libertaires.

Et puis les portes de nos maisons se sont ouvertes,
Et on a oublié… on est reparti la tête en avant
Foncer dans le mur et à notre perte.
On a repris à toute vitesse nos vies d’avant le confinement.
Trop frustrés par deux mois enfermés,
Sans boutique et sans achat,
On a bien vite compensé :
12 paires de chaussures par ci, le nouveau portable 5G par là…
On a repris nos voitures pour aller plus vite et plus loin.
On a fait redécoller les avions esseulés.
On a oublié qu’on s’était promis le moins,
Qu’on avait découvert le plaisir du temps retrouvé.
Il a fallu aller vite à nouveau. Toujours plus vite.
On a oublié le bonheur simple et extatique
D’observer la croissance des plantes, pissenlit ou clématite,
D’entendre le chant des oiseaux, mélodieux et magnifique.
On a oublié ces moments isolés
Où nous regardions dans la même direction,
Unis dans une belle solidarité
Et fixant le même horizon.
On a arrêté de remercier ceux qui nous sont essentiels.
On est reparti remplir nos poches de sous.
On a retrouvé nos chaînes, attachés et fidèles.
On a oublié tout ce qui valait vraiment le coup.
On a finalement repris le même chemin.
Sans se poser plus de questions.
On le connaissait déjà si bien…
Mais ce chemin nous mène à la perdition.

Rappelez-vous comme il était beau ce monde d’après
Né des imaginaires et des envies communes,
Plein de belles intentions et bourré d’intérêts.
Il était la promesse de chacun et de chacune
De tendre vers le partage, le collectif et la simplicité,
De retrouver son temps, sa terre, son énergie,
De choisir, de dire non, de renoncer,
De respecter l’humanité et le vivant aussi…

Rappelez vous cet élan, ce cri de votre cœur.
Rappelez vous ces doux rêves et ces espoirs immenses.
Rappelez vous ce sentiment puissant, cette incroyable bonheur
De retrouver ses proches et ses amis d’enfance…
C’est de ce bonheur dont nous avons besoin,
Bien plus que de nos magasins, de nos avions,
De la nouvelle tablette ou du macdo du coin.
On a besoin de vrai, d’instants, de beauté et d’action.

Moi je veux un autre monde…
Je veux choyer le vivant et penser par moi-même.
Je veux partager chaque instant, chaque seconde.
Je veux, enfin, qu’on s’Aime…
Continuons à agir, à nous battre, à proposer.
Mais surtout continuons à rêver et à croire
À imaginer, à profiter, à nous émerveiller
De tout ce qu’on voudrait nous empêcher de voir.

AdeLune