Solstice, hiver 2019
J’me sens comme de vieux saouls
La Chine nous annonce un virus dit neuf
ma machine se dérègle, elle ne prend plus les vieux sous.
Vaste mélange.

Ce tumulte, je le traverse, fou, on l’appelle la vie
ces mois se sont écoulés las et sans répits
C’est une extraordinaire richesse de dépasser ses limites
on en apprend plus en osant ouvert qu’en larvant ermite.
Tempête des échanges.

Le printemps où les bourgeons sortent
nous aura réservé quelques surprises
des malades isolés en cohortes
et des montagnes de solidarités éprises.
Les  temps changent.

Des rencontres inattendues déforment nos propres frontières
de la tête, du corps, et du cœur, nos limites sont amovibles
Nos bordures, si contrôlées par notre éducation terre à terre
sont un ciel vierge à remplir de nuages polychromes paisibles.
Poussière d’ange.

La vie est une explosion mutine d’amour,
où les canons de beauté crachent de l’amitié.
Les chants des sirènes nous caressent de velours.
C’est la simplicité qui nous guide vers notre intimité,
et les dérange.

Libre, une nouvelle ère est née.
Vivre au cœur de la nature est ma voie tracée,
les arbres de vie marquent l’année.
Elle est air, autant que terre ou henné,
douce mésange.

On ne décide pas des êtres qu’on aime,
Ils s’élucident à nous comme des évidences.
Coup de foudre, attachement, on accueille cette danse,
Coup des vies d’avant, ou chimie, ce qui arrive fait poème.
Étrange.

Le confort de l’impermanence volontaire
ou l’inconfort de l’inconnue imaginaire
Le temps ne suspends pas son vol
Il tourne le dos, s’étire, offre l’air de son sol.
Accord d’anges.

Solstice de l’hiver 2020
Le jeu a mué dans une belle voix du nous
Mon échine énonce un nom au divin
Notre origine se règle, nos flux se joignent dans une noue.
Riches louanges.

Mike

Crédit photo : freepic.diller