Je rêve d’un monde d’après
Qui, sans être parfait,
Est ce que nous en faisons,
Tous ensemble, à l’unisson,
Sans qu’il nous soit dicté
Par une poignée de privilégiés.

Je rêve d’un monde joyeux
Plein d’oiseaux, de bois et de merveilleux,
De fleurs et de parfums,
De roses, de lilas et de lavandins,
De verdiers, d’aigles et de moineaux
Et de tous nos amis les oiseaux.

Je rêve d’un monde où nous nous émerveillons,
En poèmes, en proses et en chanson,
Devant la beauté du monde
Et de ses eaux vagabondes ;
Où nous gardons notre regard d’enfant
Devant un papillon virevoltant.

Je rêve d’un monde où, ensemble,
Les humains se rassemblent
Pour bâtir une société
Où le partage est la clé ;
Où nous évoluons sans jugement,
Sans hiérarchie, sans faux-semblant.

Je rêve d’un monde où chacun a sa place,
Où la réussite des uns n’est pas une menace
Mais l’occasion, pour tous, d’avancer
Dans une société basée sur une réelle égalité ;
D’un monde contestataire, sans maître,
Où chacun a la possibilité d’être.

Je rêve d’un monde sans notion d’étranger,
Où tous sont acceptés, avec ou sans papier,
Où l’origine n’est plus un critère de discrimination
Mais une richesse sans comparaison ;
Un monde où tendre la main à son prochain
Ne relève pas seulement d’un commandement divin.

Je rêve d’un monde où le vivant
Passe bien avant l’argent ;
Où pour sauver un arbre ou un insecte
L’humain n’est plus cet être abjecte
Qui oppose que des bouts de papier
Ne lui permettent pas de sauver ce qui lui sert à respirer.

Je rêve d’un monde où nous pouvons aimer,
Ressentir et vibrer sans être jugés,
Où les émotions et les intuitions
Peuvent inspirer les décisions ;
Un monde où le chemin du cœur
Est la voie du bonheur.

Je rêve d’un monde où les enfants
Deviennent qui ils sont, librement ;
Où l’éducation est révélatrice de leurs talents
Et non plus formatage harassant ;
Où l’école n’est plus un bâtiment,
Mais un moment de vie où l’on apprend.

Je rêve d’un monde où la Vie
Est métissage et harmonie ;
Où l’humain est enfin simple maillon
De cet écosystème aujourd’hui en déperdition ;
Où il accepte même le végétal
Comme étant son entier égal.

Je rêve d’un monde où les arbres
Sont de majestueux candélabres,
Ceux qui éclairent nos connaissances
De leur sagesse et de leur puissance ;
Où nous les respectons
Autant que nous les câlinons.

Je rêve d’un monde où nous avons le temps
D’être dans l’instant,
Où le mot « travailler »
Ne rime plus avec « aliéné » ;
Où les armes servent à défendre des valeurs
Et non plus à faire régner la terreur.

Je rêve d’un monde libertaire
Où nous revenons à la terre,
A cette mère qui nous nourrit,
Nous donne la joie et la vie ;
Où nous retrouvons enfin le sens
De nos si belles existences.

AdeLune, collectif les Folles Alliées

Illustration : samuriah from Pixabay