Humanité… abominable et triste humanité.
Comme je souffre à te regarder.
Tu saccages le monde et tu tues la Vie
Au nom de ton inconditionnelle suprématie.

A l’école, on m’avait appris que l’humain
Était le dominant incontestablement serein
De toutes les chaînes alimentaires,
Qu’il était le maître suprême de la Terre.

On m’avait enseigné que c’était uniquement nous
Qui décidions qui du liseron, du roseau ou du houx
Avait le droit de vivre ou le devoir de mourir,
Que nous étions seuls à décider de l’avenir.

Depuis, j’ai grandi, j’ai ouvert les yeux et j’ai pleuré.
J’ai découvert cette Terre ravagée que nous voulons dominer.
J’ai découvert ce que nous en faisions
Et que de plus en plus sûrement, nous la tuons.

Je n’ai plus beaucoup d’estime pour toi, humanité.
Ni même beaucoup d’espoir en vérité.
Chaque jour davantage, tu pilles et tu massacres,
Tu transformes cette si belle planète en désert aride et acre.

Que dire de ces espèces qui disparaissent à jamais 
Sous tes balles tirées ou sous tes tonnes de déchets ?
De ta bitumisation et de toute cette eau gaspillée ?
De tes déforestations et des terres délavées ?

Que dire de ces animaux mal-traités ?
De ces virus et de ces productions mondialisés ?
Mais que dire, humanité, de ta pollution
Et de ta sacro-sainte consommation ?

Que dire encore de ta volonté du toujours plus ?
De l’avoir, du paraître et de la course à Crésus ?
De ton envie de domination et d’asservissement
De ton semblable et de tout le Vivant ?

Si au moins tu traitais tes frères comme tels, chère humanité…
Si au moins tu tendais la main avec solidarité…
Si au moins tu pensais que chaque humain est un trésor
Qui se doit de connaître ton si précieux confort…

Mais non, humanité, tu écrases le faible et craches sur le besogneux,
Tu tues le différent et tu méprises le vieux,
Tu humilies l’enfant et tu violentes la femme.
Tu es tout cela, tu es cet être infâme.

Mais, humanité, au nom de quoi tu as décidé
Que tu devais tout dominer ?
Au nom de quoi, toi, tu aurais le droit
D’emporter tout le Vivant avec toi ?

J’ai besoin de crier, humanité, de hurler.
Vas-tu enfin ouvrir les yeux et te réveiller?
Vas-tu voir cette beauté que tu détruis ?
Elle est tout simplement la Vie.

J’ai de la rage plein le cœur, humanité,
Contre toi et ton intolérable vanité.
J’ai de la rage et de la tristesse dans le cœur.
Et puis quand je vois tout ça, j’ai peur.

Alors je t’en supplie humanité, arrête-toi !
Cette Terre ne t’appartient pas,
Elle n’est ni à toi, ni à tes enfants,
Elle est la libre nourricière de tout le vivant

Aime-la comme une mère. Aime-la comme une sœur.
Aime-la pour elle, pour sa richesse et sa splendeur.
Aime-la pour ce qu’elle est : la Vie sacrée et l’inénarrable beauté.
Et si cela ne suffit pas pour la sauver, alors Aime-toi, humanité !

AdeLune, collectif les Folles Alliées

Ilustration : AdeLune, collectif les Folles Alliées