C’était un adulte, de loin son aîné.
Elle n’était qu’une enfant, il en a abusé.
Ses caresses malsaines et viciées,
C’est sur sa peau qu’il les a apposées.
Ses mots immondes et interdits,
C’est à ses oreilles qu’il les a dits.

Cette nuit-là chez lui,
Avec les autres, elle s’était endormie.
Il faisait noir dans la chambre.
Elle revoit le filet de lumière qui tremble.
Il est venu la chercher
Et il l’a emmenée.
Elle avait peur, elle avait froid,
Et surtout, elle ne comprenait pas.

Plus tard, il l’a prise dans ses bras
Et il a murmuré tout bas 
« Tu es ma préférée. »

Elle n’a pas osé pleurer.

Elle a juste pensé « C’est mieux ainsi au fond,
Ses enfants sont des garçons. »

Il a sali son corps
Et bien plus encore :
Ils lui ont laissé croire qu’il était autorisé
De ne pas la respecter.
Elle n’avait que quelques années
Son âme aurait pu se briser.

Bien sûr, elle a encore de la colère
Mais elle peut être fière
D’avoir vécu jusqu’ici, blessée et souffrante,
Mais debout, volontaire et battante.
Elle a porté trop longtemps
Les pensées, les tourments,
Le dégoût de ce corps
Et de ceux qui, un jour, l’explorent,
Le mépris de son sexe et tout ce qu’elle est,
La honte, l’incompréhension et le rejet.

Ils n’avaient pas le droit
De faire cela de toi.
Tu le sais aujourd’hui.
Ne les laisse pas détruire ta vie.
Continue à grandir, à t’épanouir
Et de ce corps, tu peux même en jouir.


Fermer les yeux, ne pas se positionner fermement, ne pas protéger avec conviction des attouchements sur mineur est aussi criminel que de les réaliser soi-même.

AdeLune

Illustration : TanteTati from Pixabay