Alors voilà… on en est là…
Voilà où nous mènent vos choix.
Très bien… prenons actes, notons
Que ce virus ne vous a pas rendu moins cons.
Que maître Argent passe encore
Pour être le plus fort,
Que vous préférez toujours le bitume gris
A toute source de vie.

Voilà… nous en sommes là…
Vous choisissez donc le trépas.
Pendant ce confinement, si perturbant,
Le chemin que vous tracez, chers dirigeants,
N’a pas varié, vous n’avez pas changé :
Non, vous continuez à massacrer !

Expulsez les Zadistes, avec leurs utopies,
Ils pourraient faire croire à une autre vie…
Et puis surtout, toucher à votre si précieuse économie !
Après tout, maître Argent a droit de mort et de vie !
Installez vos antennes par centaines
Pendant que nous sommes liés à nos chaînes.
Elles tueront peut-être quelques insectes,
Mais communiquer plus vite vaut bien quelques petites bêtes… Déforestez encore, mais ici, sous nos yeux.
De toute façon nous sommes confinés, au pieux.
Construisez de belles grosses routes à quatre voies
Pour aller plus vite dans l’au-delà.
Bâtissez des ports de plaisance
Et tant pis pour la bienveillance.

Faudrait pas que cette pandémie
Coûte trop cher à votre économie…
Alors allez-y, écrasez, saccagez,
Continuer de vous faire acheter.
N’oubliez pas que maître Argent
Passe bien avant le vivant !

Vous qui nous gouvernez,
Vous qui nous dirigez,
Quand vous étiez enfants,
C’est de ça que vous rêviez vraiment ?
D’un monde qui se meure ?
D’enfants qui pleurent ?
De migrants se noyant ?
De soignants se mourant ?

Pourtant, voilà nous en sommes là…
Et moi je n’en veux pas
De ce monde que vous fabriquez,
De ce monde où vous dominez.
Moi, je ne dors plus d’entendre la Terre pleurer,
De l’entendre suffoquer et de la voir crever.
Vous l’asphyxiez, vous la pillez, vous la tuez,
Vous l’exploitez, vous la marchandisez…
J’en veux pas de vos conflits d’intérêts
Et de vos gueules sans arrêt.
J’en veux pas de votre économie à tout prix,
De vos sourires, de votre diplomatie,
De votre putain d’hypocrisie
Quand dehors on crie « suffit ! »
J’en veux pas de votre monde immonde.
J’en veux pas de vos opinions vagabondes,
De vos fausses bonnes intentions
Qui ne protègent que votre pognon !

Voilà nous en sommes là…
J’ai juste envie de vomir cette fois…
De vomir ma rage et ma colère
Contre ce système mortifère ;
De vous dire ce que je pense
De votre système de souffrance ;
De hurler que je ne comprends pas
L’intérêt de vos combats…
Que je ne comprends plus le monde que vous bâtissez,
Le monde que vous salissez.

J’en veux pas de vos projets,
J’en veux pas de votre progrès,
J’en veux pas de votre béton,
J’en peux plus de vos actions…

Moi, j’en veux pas de ce monde…
J’ai un dégoût et une rage profonde…
Et puis j’ai peur messieurs les décideurs…
Vous savez cette indicible peur
De devoir un jour regarder mes enfants,
Les voir s’éteindre silencieusement,
D’affronter leur regard mourant,
D’assister à l’effondrement du vivant,
Au nom de votre Dieu Argent.

AdeLune, collectif les Folles Alliées

Illustration : geralt from Pixabay