Aujourd’hui, je porte un deuil,
Celui d’un enfant non né,
D’une vie partie sur son seuil
Sans avoir eu le temps de la saluer.
Seul le vide reste dans mes bras
Qui se referment sur un néant insensé.
Je porte cet enfant en moi
Et ne pourrai jamais l’embrasser.
Mon cœur est lourd de son absence.
Chaque jour, me manquent ses yeux, son rire,
Ses mots et sa présence…
Me restent l’abandon et cette plaie à guérir.
Pourtant je m’accroche, obstinée,
A cette vie sans contour
A cette ombre trop vite passée
A cet enfant, à cet amour.
Rien ne comblera jamais
L’absence de cet être unique
L’histoire trop tôt avortée
De nos utopies allégoriques.
J’ai mis en Terre mon chagrin,
Et l’arrose chaque jour de mes larmes.
Je voudrais qu’il pousse enfin
Un peu de sagesse de ce drame.
Il y aura, je le sais, d’autres matins,
D’autres chemins, d’autres détours
Et dans l’aube d’un demain
Est déjà né un autre amour.

AdeLune

illustration : webandi from pixabay