Aujourd’hui, nous avons peut-être l’opportunité
D’ouvrir les yeux et de nous recentrer.
Le temps qu’on nous avait volé nous est rendu
Et nous nous retrouvons bien perdus.
Que faire de ces heures ? Que faire de ce temps
Qui ne nous appartient plus, si souvent ?
Nous avons pris l’habitude de nous laisser porter
Par le flot d’occupations qui nous sont imposées.
Aujourd’hui nous avons la chance inestimable
De nous réapproprier nos existences friables.
Nous avons l’occasion de nous souvenir
Que le présent nous appartient bien plus que l’avenir,
Que notre souffle est un cadeau renouvelé,
Que nous avons le devoir de soigner
Ce et ceux qui nous sont chers :
Les instants, les enfants, les amis, les parents et la Terre.
Ce qui nous est offert
C’est de nous arrêter de faire,
De nous asseoir et d’être, tout simplement,
D’arrêter de courir après le temps.
Prenons-le ce temps, accueillons-le dans le moment,
Réfléchissons à ce qui est réellement important.

L’être humain, qui se croit si puissant,
L’est-il réellement ?
Lui qui veut faire plier la Nature à sa volonté,
Lui qui veut asservir et dominer,
Lui qui se veut tout puissant
Et met à mal le vivant.
Est-il le géant qu’il se prétend être ?
Peut-il se passer des autres êtres,
Si un microscopique organisme le met en danger ?
Pourra-t-il reconnaître sa fragilité ?
La reconnaître et l’accepter comme une réalité.
Changer de regard et percevoir l’interdépendance des espèces
Comme la plus belle de toutes les richesses.
Dépendre de l’autre, avoir besoin d’autrui,
C’est créer du lien, c’est tisser avec lui.
Les points isolés sont bien plus fragiles
Que les maillages et les chaînes indociles.
Profitons de ces instants pour accepter et repenser
La place de la solidarité et de l’humanité,
Pour lâcher prise de notre volonté de tout contrôler
Pour retrouver notre véritable place dans l’universalité.

AdeLune, collectif les Folles Alliées

Illustration : AdeLune